Mary Brown

Mary Brown

CRÉATION 2013

L’histoire

Nous sommes dans une rue déserte dans le nord de l’Angleterre. Alignées, les maisons en briques rouges se ressemblent toutes. Nature morte immobile et silencieuse, tout a été dévasté par un tremblement de terre. C’est la fin de journée. Il est 18h. Les fouilles s’arrêtent ce soir, après plusieurs semaines de recherche. Les décombres vont être déblayés. Une femme seule scrute la façade. Elle s’appelle Mary Brown.

Une voix dans un mégaphone la ramène à la réalité : « Les fouilles s’arrêtent officiellement. Merci à tous. Madame il faut quitter les lieux, il faut rentrer chez vous ». Mary Brown enjambe le cordon de sécurité et escalade les décombres. Et en effet elle rentre chez elle après 23 ans d’absence. Son foyer était ici. Elle habitait là, à côté de Kathleen Doyle, sa voisine, son amie. Kathleen a disapru depuis la catastrophe.

Ce n’est pas le premier séisme que les deux femmes ont vécu. Tout s’est déjà écroulé il y a 23 ans. Mary Brown a claqué la porte, refermant l’amitié entre elle et sa voisine Kathleen Doyle. Nous découvrons le drame à travers les yeux de Mary Brown. Kathleen, prisonnière des gravas, ignore qu’elle est en train de vivre les dernières heures de son confinement. Son amie, non loin d’elle, va creuser et fouiller les décombres de sa vie jusqu’à la retrouver.

 

Médias

 


Notes d’intention

Depuis une dizaine d’années je me passionne pour le théâtre d’ombres. Dans ‘Sleeping Beauty’ en 2006 j’ai commencé à mélanger le théâtre d’ombres avec le théâtre d’objets. Je suis fascinée par la transformation des objets simples, le détournement de leurs fonctions premières et leur mise en lumière vers quelque chose d’impressionnant.

Le quartier dans lequel je suis née est destiné a être démoli. C’est imminent. Je vais rentrer chez moi pour raconter cette histoire, je le revisite une dernière fois avant que les bulldozers arrivent. Nous sommes dans la banlieue de Liverpool, pendant les années 80. La politique de Margaret Thatcher ravage le pays, on écoute Elvis Costello à la Radio, les mineurs sont en grève, ils revendiquent leur droit de travailler. C’est le début de la fin.

Mary Brown est mentionnée deux fois pendant le spectacle 36ème Dessous sorti en 2011. Pour situer, dans ce spectacle je raconte l’histoire d’une femme qui s’est réfugiée sous sa table de cuisine lors d’un tremblement de terre. Depuis elle survit dans ce qu’il reste de sa cuisine et attend. Elle revisite ses souvenirs et sa vie et on découvre qu’elle a une amie, Mary Brown, avec qui elle est en froid depuis 23 ans. Cette courte forme a été un excellent tremplin pour la création suivante. Je me suis largement appuyée sur elle pour m’ouvrir des pistes et la plus intéressante fût celle de la voisine de la sinistrée de 36ème Dessous. Les deux spectacles forment un diptyque dont les protagonistes sont unies par un lien très fort. Pour cette nouvelle création j’ai eu envie de rester sur le même événement, le même lieu – le tremblement de terre et les décombres – mais cette fois-ci l’histoire sera racontée d’une autre perspective. Cette fois-ci nous découvrons le drame à travers les yeux de Mary Brown. Je veux creuser plus loin les thématiques des projections et des effets destructeurs de la médisance. Les survivants, comme tant de gens de notre époque, sont esseulés, isolés. Il serait bon de passer de la survie à la vie, de l’isolement et de l’enfermement à l’ouverture.

Est-il possible de créer des passerelles et creuser les tunnels entre le passé et le présent pour arriver à la réconciliation ? Après ‘Sleeping Beauty’ et ‘De L’Autre Côté du Miroir’, Mary Brown marque le voyage de retour et la réconciliation avec ma ville natale et mon passé.

J’ai trouvé une grande bouffée d’air, d’enthousiasme et d’amour pour la vie dans l’œuvre d’Andrée Chédid « L’Autre ». Elle m’a grandement inspirée dans l’élaboration de l’écriture de « Mary Brown ».

▼ DOSSIER

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Distribution

Théâtre, théâtre d’ombres et d’objets
Spectacle à partir de 13 ans
séances scolaires à partir de la quatrième jusqu’à la terminale.


Durée :  55 min

Texte et mise en scène : Colette Garrigan
Interprétation : Colette Garrigan et Laura Muller
Musique originale : Patrick Morton
Univers sonore : Fabrice Bisson et Guillaume Doussaud
Direction d’acteur : Jean Louis Heckel
Collaboration artistique et direction d’acteur : Jean Louis Heckel
Manipulation – Théâtre d’objet : Sean Myatt
Régisseur lumière : Jérôme Houles / Olivier Bourguignon
Régisseur son : Antoine Quoniam
Construction décors : Sylvain Diamand
Crédits Photos : Virginie Meigné et Anthony Ceccarelli
Jauge 120 à 180 personnes
Espace scénique : Ouverture 7m – Profondeur 7m – Hauteur 3,5m
Obscurité totale nécessaire.

PARTENAIRES

Production : Association Cie Akselere
Coproductions : Espace Jean Vilar à Ifs et Scène Nationale 61
Soutiens : Le Trident/Scène Nationale de Cherbourg, le Marchepied, la Ville Robert à Pordic, le Festival Marionnet’Ic de Binic, Itinéraires Bis / Objectif 373 à St Brieuc, le CRéAM à Dives, Collectif Bazarnaom à Caen.
 

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